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Lettre ouverte aux dirigeants de la filière hippique

Lettre ouverte aux dirigeants de la filière hippique

 

Cette lettre émane d’un collectif d’entraîneurs de trotteurs, élues et élus au Comité de la SETF ou au bureau du SEDJ. Elle traduit une position commune, fondée sur des constats partagés et des inquiétudes profondes quant à l’avenir de notre filière.

Les récentes orientations budgétaires de la SETF imposent une nouvelle vague d’économies. Lorsque celles-ci visent à optimiser le fonctionnement de notre institution, nous sommes prêts à consentir des efforts et des sacrifices. En revanche, lorsque ces mesures manquent de vision à moyen et long terme et menacent directement l’avenir, nous ne pouvons rester silencieux. Nous nous levons aujourd’hui, comme nous continuerons de le faire si le démantèlement progressif de notre institution devait se poursuivre.

L’instauration d’un coût de 50 € d’inscription à partir du second passage d’un poulain aux qualifications est, à cet égard, particulièrement révélatrice. Elle pénalise directement les chevaux plus compliqués, souvent issus d’origines moins prestigieuses, mais aussi les petits entraîneurs, dont les structures impliquent des moyens limités : pistes d’entraînement de dimensions modestes, absence de personnel dédié, contraintes matérielles et humaines fortes. Ces professionnels présentent fréquemment leurs poulains à plusieurs reprises non par confort, mais parce qu’ils façonnent et conditionnent patiemment le futur cheval de course, dans le respect de son rythme et de son évolution.

Ce travail de formation est indispensable à l’émergence des chevaux d’âge, aux belles histoires sportives et aux partants de demain. Le pénaliser financièrement revient à fragiliser les structures les plus modestes, à réduire les secondes chances offertes aux poulains non conservés par leurs premiers entraîneurs, à diminuer le nombre de partants et, in fine, à porter atteinte aux recettes. L’augmentation du prix des engagements agit, elle aussi, dans ce sens défavorable.

Par-dessus tout, la remise en cause de l’avenir de l’hippodrome d’Enghien constitue pour nous l’exemple le plus frappant d’une décision issue d’une gestion purement comptable, déconnectée de la réalité des carrières de nos chevaux. Le « tout Vincennes » permettrait certes quelques économies immédiates en coûts d’entretien et une progression marginale du chiffre d’affaires du PMU. Sur le papier, la question peut sembler légitime. Dans la réalité, ce serait une grave erreur.

Vincennes est une piste trop exigeante pour devenir l’unique support des courses parisiennes. Une telle orientation aurait un impact majeur sur le nombre de partants, notamment en période estivale, et entraînerait une perte de recettes liées aux paris bien supérieure aux économies espérées. À l’image de ce qu’ont connu les courses d’obstacles, perdre Enghien reviendrait à sacrifier toute une catégorie de chevaux parisiens, moins favorisés par des parcours sélectifs et davantage tournés vers la vitesse. Là encore, le calcul serait profondément défavorable à la filière.

Nous vous demandons de ne pas détourner notre message en le réduisant à une polémique stérile. Il s’agit au contraire d’un appel responsable, fondé sur l’expérience du terrain. Tout ce qui dégrade notre produit – qu’il s’agisse de son image, de l’arbitrage ou des choix structurels – ne sera pas accepté. Les économies réalisées à court terme seraient payées très cher à moyen et long terme.

Puisqu’il est inenvisageable de fragiliser nos entreprises par une baisse des allocations, vous devez agir en conséquence. Administrateurs du PMU, présidents de nos sociétés mères, représentants de l’État, président et directeur général du PMU : il vous appartient de reconnaître objectivement l’échec des orientations actuelles et d’en tirer toutes les conséquences afin de créer enfin les conditions d’un fonctionnement efficace et durable du PMU, chacun dans son champ de responsabilité.

 

Vous pouvez compter sur notre capacité à nous mobiliser de nouveau, dans la solidarité, aussi bien pour contribuer au redressement de la trajectoire du PMU que pour nous opposer fermement à des choix dont nous paierions, une fois encore, le prix à moyen terme.

 

Stephane MEUNIER, Président et le bureau du SEDJ

ainsi que :

O Bizoux

G Curens

R Mourice

B Muel

S Hardy

Lm David

P Vercruysse

J pH Mary

S Provoost

Th Lamare

M Busset

Aurelien David

2026-01-05T11:25:07+00:00